«Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous» - Paul Eluard
23 Août 2012
Un essai

Lequel de nous deux avait choisi l'autre, je ne saurais le dire. L'attirance fut une évidence, un choc, un bouleversement, sans qu'il y ait besoin d'expliquer la chose. Il m'attendait, je l'attendais, peu importe lequel attendait l'autre. Le vide était comblé.
Je me souviens de cet après-midi d'été qui n'en finissait pas d'égrener les heures. Pour une première rencontre, j'avais fait le choix des couleurs dorées de la fin du jour. Fébrile et émue, comme pour toute première fois, je comptais les minutes qui me séparaient de la découverte physique.
Sur la route qui longe le canal, mes pensées flottaient au-dessus des notes de musique diffusées par la radio FM. Après quelques minutes ou quelques heures, je ne sais plus, arrivée à destination, je garais la voiture à un emplacement discret et me dirigeais vers ce chemin rocailleux bordé de noisetiers.
Les mains moites et les jambes en coton, j'avançais en me posant mille questions. Le reconnaîtrai-je ? Qu'allai-je lui dire ? Oserai-je le toucher, l'embrasser ? Une soudaine peur du contact me gagnait, mais il était trop tard pour reculer.
Le chemin pénétra le coeur de la forêt, là où je savais sa présence. Les ombres géantes m'entourèrent, observatrices et silencieuses et je me sentis un peu seule et désemparée. Quand soudain je l'aperçus, là, qui s'imposait, fier et droit. Ce ne pouvait être un autre, c'était Lui, dans toute sa splendeur.
A pas de louve je me rapprochais, hésitante encore... C'est alors qu'il se déploya largement, m'invitant à me blottir tout contre lui, ce que je fis.
Au bout de mes doigts caressants, la mousse douce sur sa peau torturée...